Comment ne pas utiliser son ego

Comment ne pas utiliser son ego

L’ego étant une notion plutôt abstraite, il est difficile de définir véritablement sa signification. Quand on dit « j’ai touché ton ego », on voit cela comme l’amour propre de la personne. On peut dire que l’ego représente notre estime de nous-mêmes couplé au besoin de reconnaissance. Notre ego est souvent touché quand notre estime de nous est vue comme plus basse par les autres que nous le considérons. À la fois allié et ennemi, il peut nous pousser à nous dépasser tout comme il peut nous limiter dans nos actions et ce que nous entreprenons.

La victoire pour l’ego

La question à se poser c’est « est-ce que je mets mes objectifs au service de mon ego »? Le créateur d’Apple, Steve Jobs qui réussit à être millionnaire très jeune avec le Macintosh en 1984, a l’ego qui grossit énormément. À tel point qu’il se fait virer de sa propre entreprise qu’il avait créée (en coopération avec Stephen Wolzniak). C’est un bon exemple pour exprimer le détournement psychologique. À la base, c’était un objectif clair avec un but précis.

Une fois atteint, le concerné s’est perçu comme étant quelqu’un au-dessus de tous. C’est l’ego qui fait pousser les ailes. Pour les brûler ensuite puisque le retour de flamme est toujours beaucoup plus grand que le bien-être éphémère de nourrir l’ego après une réussite.

Comprendre par là qu’il est normal de savourer une victoire. Mais avoir la sagesse de ne pas se laisser emporter par l’ego est une clé pour mieux se maîtriser. Voici un bon exemple de « comment ne pas utiliser son ego ».

L’égo pour la victoire

Ici, nous ne sommes pas sur une clé de comment ne pas utiliser son ego, mais plutôt de comment l’utiliser. Reprenons l’exemple de Steve Jobs. Après avoir été viré de son entreprise, il revient en 1997 en tant que PDG par intérim d’Apple et cette fois, il va mettre son ego pour la victoire. A-t-il acquis plus de sagesse? Pas forcément, cependant, c’est ce brillant changement psychologique dû à son ego qui va sauver l’entreprise alors qu’elle était en train de plonger à cette époque.

Je prends l’exemple de Steve Jobs, car c’est un excellent exemple d’ego. Mal utiliser au début, il le met ensuite au service de ses projets. Et c’est exactement ce qu’il faut faire. Utiliser son ego pour atteindre nos objectifs. Si vous avez des doutes sur un objectif, posez-vous la question « est-ce que je le fais pour nourrir mon ego »? La réponse à cette question peut faire gagner un temps énorme. Posez-vous la question vraiment.

Il est évidemment compliqué d’y répondre puisque votre ego peut vous dire « non, c’est bon, c’est la bonne direction ». Faites bien la différence avec ce que vous voulez vraiment et ce qui nourrit votre ego. Vous pouvez lire cet article sur la méditation si cela peut vous aider à mieux visualiser.

Fermer son esprit

L’homo sapiens que nous sommes demande d’évoluer. En faîte, c’est un besoin que nous avons. Plus ou moins développé chez les individus, il peut être important chez les uns et moins chez les autres. Ça reste un point important à considérer. L’ego fermant l’esprit, il nous limite, plutôt que de nous pousser à évoluer. Un besoin pour rappel est quelque chose que nous voulons assouvir. Au risque de sentir son humeur se dégrader si celui-ci n’est pas nourri.

La fermeture de nos perceptions ne va pas nous aider à nous développer. Et pour avoir des perceptions plus ouvertes et étendues, il vaut mieux mettre l’ego au service de notre vie. Laisser l’ego guider nos perceptions est le meilleur moyen de stagner et ne plus chercher à évoluer. C’est bien dommage quand on sait que chaque être humain est doté d’un immense potentiel.

Si vous souhaitez libérer votre cerveau, ne fermez pas votre esprit sous prétexte de nourrir votre ego. Plus vous serez ouvert et prêt à accueillir la nouveauté, au plus vous serez à l’aise au fait de sortir de votre zone de confort.

L’école joue avec notre égo

L’école est un endroit où l’on passe énormément de temps dans notre vie. Et surtout, pendant notre jeunesse, au moment où notre cerveau est en train de se développer. Créant ainsi des croyances bien ancrées et difficiles à se défaire. Le problème de l’éducation d’aujourd’hui, c’est que le but n’est pas forcément en corrélation avec vos besoins, vos valeurs et vos envies. Pour rappel, le but premier de l’école est que vous entrez dans le monde du travail et que vous soyez lucratif pour la société.

Malheureusement, aujourd’hui encore, le système est obsolète et ne permet plus de remplir les besoins d’une grande majorité de personnes. Je ne vais pas entrer dans un débat avec l’école ici, je vais simplement exposer le problème que le système actuel engendre.

Les notes, un poison pour l’ego

La meilleure façon de ne pas utiliser l’ego, c’est de croire que nous sommes nourris avec de bonnes notes. À l’école, on nous force à avoir la croyance que, « bonne note = réussite ». C’est pourquoi beaucoup ont la croyance que les bons résultats sont source d’ego. « J’ai de meilleures notes que toi, je suis meilleur que toi ». C’est très vicieux, car il n’y a rien de plus faux.

Vos parents ne vous ont-ils jamais dit « ramène-moi de bonnes notes »? Ils ont eux aussi peut-être cette croyance. Et c’est normal, car nous avons grandi dans ce système qui est toujours mis en place. Où est le mal dans tout ça? C’est de croire qu’une fois que nous avons de bons résultats, nous n’avons plus besoin de nous améliorer. À la sortie de l’école, généralement, nous pensons qu’il n’y a plus besoin d’étudier ou d’apprendre. Que ce soit bon, c’est fini… S’il vous plaît, si vous lisez ces lignes, n’arrêtez jamais d’apprendre, peu importe les résultats.

20/20, peut être pas une si bonne note.
20/20, peut être pas une si bonne note

La relation entre la bonne note et le plaisir

Quand nous étions à l’école (ou si vous êtes encore dans le système éducatif), avoir une bonne note était source de plaisir. Pourquoi? Bonnes remarques par les parents, bonnes remarques des éducateurs, le fait d’être bien vu par les adultes (automatiquement, un enseignant va percevoir un élève avec de bonnes notes comme un élève qui mérite plus d’attention), les récompenses liées (cadeaux des parents pour un bon trimestre), percevoir que nous sommes au-dessus des autres (car 18/20 = meilleur que 12/20).

Le cerveau associe le plaisir et la douleur à des croyances. Ce qui veut dire que le fait d’avoir associé du plaisir aux bonnes notes crée la croyance potentielle que nourrir son ego par les bons résultats est une bonne chose. Et c’est ainsi que nous cherchons les résultats et donc la victoire pour nourrir l’ego. Plutôt que mettre son ego au service de son évolution. Nous nous limitons, plutôt que de chercher à progresser.

Bien sûr, ce n’est pas le cas de tout le monde. Si vous me suivez sur ce blog, vous savez que j’invite chacun à augmenter notre niveau de conscience. Au point de casser n’importe quelle croyance. La création d’une croyance obsolète via le passé (celui de l’école) permet simplement de comprendre pourquoi vous mettez peut-être le résultat au service de l’ego.

Suivre la vie de l’autre

Si votre entourage vous dit qu’être avocat c’est top, votre ego peut être titillé par l’appât du gain. Comprendre par là que vous serez tenté de devenir avocat (ce n’est pas du tout ce que vous voulez) pour nourrir votre ego. Quand vous aurez cette place tant convoitée, vous pourrez vous dire intérieurement « MOI, je l’ai fait ». C’est le fait de nourrir son ego pour une vie qui ne vous correspond pas. Difficile de faire pire en termes d’échec alors même que vous allez potentiellement engendrer de la jalousie sur ceux qui vous envient vraiment.

La prise de décision et vos choix doivent être effectués sous contrôle d’ego. La conscience de soi permet de mieux comprendre son ego personnel.

C’est quoi l’égo?

Il faut bien comprendre que c’est complètement normal d’avoir de l’ego. Que vous pensiez qu’il vous limite ou vous en avez trop, c’est ok. Sachez que savoir maîtriser son ego demande beaucoup d’énergie. Surtout si, comme nous l’avons vu précédemment, c’est une croyance bien ancrée. Nous avons besoin de faire reconnaître nos valeurs et d’être estimés. C’est naturel.

L’ego représente cette partie entre le besoin d’être reconnu et le fait d’être estimé par autrui. À la fois alliée et ennemie, la maîtrise de celui-ci déterminera s’il va vous limiter ou au contraire vous faire grandir. Il est différent chez chaque individu et est plus ou moins fort selon la personne, peu importe le sexe, l’ethnie, etc.

Finalement, comment utiliser l’ego?

L’ego doit être votre allié. Pas toujours évidemment, un être humain est imparfait par définition. Il faut chercher à ce que celui-ci vous pousse à agir dans le sens que vous voulez vraiment. Si vous avez une vision, une mission de vie, un rêve alors, mettez votre ego à ce service. Ne cherchez pas une soi-disant vie de réussite en ayant une carrière considérée par les autres comme géniale et qui ne vous nourrisse pas.

Vous êtes le seul juge sur la personne que vous êtes et des choix que vous entreprenez. La conscience de soi permet vraiment de mieux utiliser son ego. Pour cela, méditez et maîtrisez votre organe maître, le cerveau. Rangez votre ego quand vous sentez qu’il vous guide et sortez-le à pleine puissance quand vous agissez pour accomplir vos rêves. Nourrissez la flamme en vous n’ayant aucune honte de sortir entièrement votre ego.

Vous l’avez bien compris, inutile de perdre son temps à être prétentieux ou de chercher seulement à nourrir le besoin de reconnaissance. Utilisez le temps pour agir là où vous voulez.

Merci d’avoir lu cet article ! J’aimerais savoir comment vous, vous utilisez votre ego. Avez-vous conscience que parfois, il vous limite et parfois, il vous pousse à être meilleur? À bientôt pour un prochain article.

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About David Jedresac

8 Comments

  1. Depuis que mes enfants vont à l’école, ils sont en concurrence en permanence, c’est lassant de les entendre dire “c’est moi le premier !” – fier de lui pendant que l’autre pleure à côté … Ils sont encore tous jeunes (3 et 5 ans) et ça me désole.

    J’aime l’idée de mettre notre ego à notre service plutôt qu’il nous desserve 😉

    1. C’est la triste réalité. Le mieux est de chercher à s’émanciper de cette fausse compétition. La connaissance et le savoir ne doit pas être une compétition mais un plaisir avant tout. D’ailleurs, à cet âge là, le cerveau est loin d’être complètement formé, notamment la partie de la rationalité. C’est d’ailleurs pendant le sommeil que les connexions neuronales se créent et se forment pour que le développement puisse se faire. Ça veut dire qu’un enfant sera dans tous les cas biologiquement plus sensible à l’ego.

      Bon courage avec les enfants, note ou pas note, ils sont maîtres de leur destin 🙂

  2. Très bon article ! Effectivement, l’égo a parfois tendance à jouer des tours. Et je suis d’accord comme quoi le système éducatif est obsolète ; tellement archaïque que maintenant il offre le baccalauréat. Merci !

    1. Merci pour ton retour, le système éducatif est effectivement obsolète. La question n’est pas d’offrir ou non le baccalauréat mais de donner de l’intérêt à l’obtenir. Et par intérêt, j’entend “connaissance”. Plutôt que d’apprendre des choses inutiles d’une façon très mauvaise qui plus est, autant apprendre des choses qui serviront réellement aux étudiants. Le système éducatif mérite tout un sujet complet, que je ferai pour décortiquer toutes les incohérences.

  3. Très intéressant. Cependant je me pose une question (concernant les notes) : est ce que certains élèves ne peuvent être encourager à persévérer dans une voie s’ils ont de bonnes notes (pour reprendre votre exemple) ? Je ne vois pas forcément l’égo prendre le dessus sur le plaisir de continuer… Mais je me trompe peut-être 🙂

    1. Bonne réflexion Nico, je pense qu’un élève capable d’avoir de bonnes notes dans une matière, peut parfaitement apprendre da façon débridée en étant autodidacte. Le système éducatif étant très limité dans la réflexion, une bonne note ne veut pas dire grand-chose. C’est juste un jugement pragmatique sur un seul individu dans sa seule réflexion (puisque l’école décourage fortement la coopération voyant cela comme de la triche). Les notes n’ont qu’une seule et unique utilité justifiable: la notation de compétence. Entendre par là que pour être chirurgien, il est intéressant de savoir que celui qui va nous disséquer vivant a été noté pour ce rendre compte qu’il a été jugé apte.

      Par pédagogie, la note n’a pas le moindre intérêt. La vraie pédagogie a appliqué, c’est la correction. Or, à l’école d’aujourd’hui, on accorde plus d’importance à la notation plutôt que la correction.

      Bien sûr, un étudiant qui se sent encouragé par de bonnes notes, c’est très bien. Mais sont-ils une majorité dans ce cas là? Il suffit de se rappeler de notre période à l’école pour répondre à cette question.

      Encouragé un élève sur la bonne voie ne doit pas se faire via les notes. Adultes, on fait comment pour choisir la bonne voie? Déjà, sur Internet il y a un grand nombre de recherches et même de formations sur la “vision” et sur le fait de comment trouver sa voie. Donc, c’est difficile et très recherché. Et concrètement, comment on trouve sa voie? Avec le coeur, et en allant là où la vie nous fait vibrer. Ce n’est pas une science exacte, mais si nous voulons lier « plaisir de vie » avec vision, il faut choisir la passion à mon humble avis. Donc, à aucun moment nous n’avons besoin de notes. Nous sommes notre meilleur juge et nous valons mieux qu’un système éducatif qui juge nos compétences à partir de critères prédéfinis. Il en va de même pour des étudiants.

      Concernant les adolescents qui ont besoin de plus de suivis, ça reste la même réflexion. Les notes n’ayant aucun intérêt pédagogique, motivant plus la compétition que la coopération, elles ont tendance à nourrir plus l’ego (même inconsciemment) que la connaissance et la sagesse.
      En espérant avoir répondu à la réflexion. Merci beaucoup en tout cas d’avoir exprimé votre pensée 🙏

  4. J’aime beaucoup cette approche qui permet de voir l’égo comme un allié ou un détracteur … Pour ma part je considère que l’égo n’est ni bon, ni mauvais, il est là et répond à notre besoin de constater le bienfait de notre existence … Que ce soit pour les notes à l’école, au travers de nos gestes de charité, de nos conquêtes voire de nos défaites … Bref nous sommes l’égo et heureusement que nous avons un alter-égo pour balancer tout cela …. d’ailleurs j’ai traité mon point de vue de l’égo dans l’article suivant https://sereveillerpoursetransformer.com/la-joie-la-peur-et-lego/ 😉

    1. J’ai lu ton article et effectivement tu apportes un point de vu très différent du miens. L’ego étant quelque chose d’assez abstrait, il est difficile de le décrire et de savoir vraiment comment le mettre à notre avantage. Sans oublier que chacun est différent et que chacun traitera son égo à sa manière. Mais j’espère que nos articles permettrons à ceux qui les lisent d’avoir quelques clés pour mieux le maîtriser malgré tout.

      Merci pour ton partage.

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